This is Halloween

Danny-Elfman
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La tournée mondiale Danny Elfman’s Music from the Films of Tim Burton s’est arrêtée au Grand Rex, à Paris, pour trois soirs consécutifs. Compte-rendu d’un concert grandiose où l’élégance et la sensibilité flirtent avec la mort, à quelques jours d’Halloween.

Si Tim Burton a mis tout son cœur à l’ouvrage pour chaque film qu’il a réalisé, il est une autre personne qui y a mise son âme.
Il paraît en effet difficile d’imaginer que Charlie et la Chocolaterie, Big Fish ou Sleepy Hollow soient ce qu’ils sont sans la musique de Danny Elfman. Ce dernier collabore avec Tim Burton depuis trente ans et a signé la musique de seize de ses films.

La musique du compositeur aux quatre-vingt-neuf longs-métrages était jouée du 10 au 12 octobre au Grand Rex.
Quel plus bel écrin pour rendre hommage à deux des figures majeures du septième art que LE lieu par excellence du cinéma à Paris?
La mythique salle avait pour l’occasion invité des membres d’ateliers de costume afin de donner au public un avant-goût d’Halloween. Car c’est bien d’Halloween qu’il s’agit quand on va écouter, sous le plafond étoilé et entouré des majestueuses colonnes antiques de la grande salle du Rex, les 90 musiciens et 45 choristes de l’orchestre Lamoureux reprendre les thèmes les plus connus de Burton.

C’est sous la direction du chef d’orchestre vétéran John Mauceri que s’enchainent des suites arrangées spécialement pour la tournée.
Alors que sur un écran géant passent les images des différents films et des esquisses de Tim Burton, l’orchestre exécute parfaitement les chefs-d’œuvre de Danny Elfman. De Pee-Wee’s Big Adventure à Alice au Pays des Merveilles en passant par le sublime thème d’Edward au Mains d’Argent et par les frissons devant l’immense générique de Batman, tout s’enchaîne avec une maîtrise et une fluidité que ne parviendra pas à perturber une courte panne de courant.

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Impressionnant de justesse et de clarté, le très jeune Leif Christian Pedersen est venu poser à plusieurs reprise sa voix de soprano tandis que pendant la suite d’Edward aux mains d’Argent, la flamboyante Sandy Cameron a fait pleurer son violon avec une fougue paganiniesque (pardonnez le néologisme) qui n’était pas sans rappeler les orchestres à roulottes des pays slaves.

Les fans l’attendaient, et c’est sur la suite de l’Étrange Noël de Monsieur Jack, à qui il a prêté sa voix dans la version originale, qu’est rentré Danny Elfman. Accueilli par un public en délire, il s’est amusé à faire revivre Jack Skellington le temps d’une fin de soirée qui restera gravée dans le cœur des  2700 personnes présentes.

C’est donc le sourire aux lèvres et la tête dans les nuages, accusant le coup d’un concert magistral que les spectateurs se sont dirigés vers la sortie. Ou ont essayé.
En effet, la foule compacte se précipitait vers le stand de produits dérivés et il aura fallu s’armer de patience pour accéder à la sortie.
Les promoteurs le savent, Tim Burton a un public. Un public, ou plutôt un fan-club nombreux, comme nous l’a démontrée en 2012 l’exposition sur le réalisateur à la Cinémathèque qui a attiré plus de 350 000 visiteurs.
En effet, l’univers dans lequel Burton évolue parle à tout le monde: petits et grands, gothiques, amateurs de gentille épouvante, esthètes de l’expressionnisme allemand, nostalgiques de Béla Lugosi et de Vincent Price, amoureuses de Johnny Depp et ados mal dans leur peau.

Cette ruée vers l’or (celui du ticket de Willy Wonka?) clôtura un événement à l’image du tandem représenté: excentrique, épatant et merveilleux.

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