Killed by Death

Motorhead Perform At The Brighton Centre
Lemmy pose backstage au Brighton Centre le 28 Novembre 2010 à Brighton, Angleterre (Photo Marc Broussely/Redferns)

 

«Motörhead a été à la fois mon guide et la porte d’entrée vers la musique que j’aime, que je joue et sur laquelle j’écris: le rock & roll.»

Mon premier contact avec Motörhead remonte au jour de mes 13 ans. Un copain d’école m’avait offert une compil sur laquelle se trouvait Killed by Death. Ça a été pour moi une révélation, un véritable coup de santiags dans la gueule.
Je n’avais pas encore beaucoup de disques à l’époque alors ce morceau est passé en boucle pendant des heures, mais il m’en fallait plus. Dès que j’ai pu j’ai donc été me trouver un disque des britanniques.
Le premier cd que j’achèterai avec mon argent de poche serait un Motörhead, et un best of: All the Aces (parce que Killed by Death etait dessus, la seule que je connaissais).
Le boitier, les dessins, toute cette esthétique sombre, rock & roll, ultra masculine et sexuelle me fascinaient (sur le livret Lemmy était représente entouré de deux bombes atomiques en uniformes). Tous les classiques de Motörhead se trouvaient sur ce disque, et chaque morceau me secouait par la vitesse et la puissance brute du groupe.
Il ne fait aucun doute aujourd’hui que Motörhead a été à la fois mon guide et la porte d’entrée vers la musique que j’aime, que je joue et sur laquelle j’écris: le rock & roll.

J’ai par la suite découvert des tas de groupes, acheté des tas de disques, assisté à des tas de concerts, mais rares ont été les pépites brutes qui m’auront autant touché que Motörhead.

Malgré ça, il m’aura fallu attendre 9 ans avant de voir Lemmy et ses potes sur scène. C’était le 19 juin dernier, sur la mainstage 1 du Hellfest, et l’histoire a failli être différente, la faute à une cheville.
Pas la mienne. Celle d’un copain qui se l’est explosée juste avant le passage de Motörhead. Il aura fallu courir voir le toubib du festival pour une prescription de béquilles et d’anti-douleurs, puis un sprint à la pharmacie et un retour express sur le site du festival, cinq minutes avant le début du set… Pour me retrouver tout à la fin d’une queue de dizaines de milliers de festivaliers attendant la validation de leur pass.
Je ne pouvais PAS rater Motörhead. Ni même les voir de loin. La question ne se posait même pas. Je suis donc passé par derrière, prétextant que mon ami qui m’attendait tout devant la scène avait un besoin urgent de médicaments et de ses cannes (anglaises of course).

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©DR

 

«Good evening, ça va? We are Motörhead, and we play rock n’ roll!»
C’est comme ça qu’un Lemmy tournant à la San Pelegrino, quelque peu diminué et les mains tremblotantes, annonce le groupe. On ne lui tiendra pas rigueur de son état: le grand Lemmy Kilmister a dépassé de 43 les 27 ans fatidiques tout en ayant su rester lui-même, quand Keith ou Iggy (que j’aime à la folie) semblent avoir oublié le sens de « rock & roll ».
Les tubes s’enchaînent, et on espère tout le long que Lemmy ira jusqu’au bout. Je me dis que c’est surement la dernière fois que je le vois. Les nouvelles de ces derniers mois, en particulier les annulations de concerts, avaient tendance à ancrer un peu plus cette idée en moi, même si je refusais d’y croire vraiment.

Finalement Lemmy, ce grand-père sonique dont on est beaucoup à être les petits-enfants est mort, et ça m’a rendu un peu triste. Alors ce soir je fume un cierge et je me rince au whiskey.
That’s the way I like it baby I don’t want to live forever.

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